Une récente balade automnale à Arashiyama en la bonne compagnie d'Asiemutée a réveillé en moi des souvenirs d'érables rouges et de reflets moirés...
Si vous voulez me suivre, je vous emmène au nord-ouest de Kyoto, à la rencontre du fameux Pavillon d'or...
L'histoire du Kinkaku-ji est longue et rocambolesque.
Elle remonte au 13ième siècle sous le règne du clan Saionji et de son chef Kintsune Saionji qui érigea un temple en son nom dans ce site près de la villa Kitayamadai...
Après une période de désertion, l'endroit est racheté par Yoshimitsu, troisième shogun Ashikaga en 1397 et il y construit la villa Kitayamaden qu'il lèguera à son fils Yochimochi... Celui-ci exaucera le voeu de son père et fera de ce pavillon fastueux contenant des reliques bouddhistes un temple zen dédié à l'école Rinzai et sera baptisé Rokuon-ji...
Par la suite, ce temple sera brûlé plusieurs fois pendant la guerre d'Ōnin (1467-1477), mais le pavillon restera préservé.
C'est en 1950 que survient l'évènement dramatique relaté par l'écrivain Yukio Mishima dans son roman éponyme : un jeune bonze met volontairement le feu au temple...
Acte de folie, tentative de suicide, volonté délibérée de détruire cette représentation du beau comme nous le conte Mishima, l'histoire aurait pu s'arrêter là...
A l'image du phénix qui surmonte son toit, le Kinkaku-ji va renaître de ses cendres puisqu'il est reconstruit à l'identique en 1955. ..restauré en 1987 et inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco en 1994.
Contrairement à la plupart des temples japonais, il est impossible de visiter l'intérieur du Pavillon d'or, voire de s'en approcher...il reste aussi inaccessible qu'un magnifique mirage au bord de l'eau...
La visite du jardin suit un chemin imposé,ce qui est un peu frustrant et, malgré l'impression de calme et de sérénité qui émane des photos, la foule se presse derrière les cordages délimitant la zone autorisée...la rançon de la gloire...
Néanmoins j'en garde un très beau souvenir et une belle histoire...